














Après l’expérience « Double Negative » nous rejoignons Las Vegas par la route qui, dans les terres, longe le Lake Mead, au Nord du vertigineux Hoover Dam, ce fameux barrage qui retient les eaux du Colorado et de la Virgin River. Nous pensions atteindre rapidement l’autoroute mais nous avons raté la jonction qui y menait. Et c’est tant mieux. A nouveau : un paysage époustouflant, des reliefs et des couleurs changeant après chaque nouveau lacet. Notre guide ne faisait pas mention de cette route, tout comme d’ailleurs il ignore les sites de Land Art – inconnus aussi des habitants voisins des lieux…- Sur près de 60 miles, nous ne croiserons que trois ou quatre voitures ! C’est dire combien l’arrivée – véritable descente - sur Las Vegas sera surprenante ! L’horizon devant nous est barré par la montagne; devant, les faubourgs de la ville s’étendent presque à perte de vue ; au centre, rivalisant de hauteur et - nous le verrons bientôt - , de décors et de folles enseignes les hôtels casinos qui ont poussé de part et d’autre du Strip, boulevard central de Las Vegas. (BPé)





Overton. 7 juillet. La journée est consacrée à la quête d’une troisième œuvre de land art : Double Negative de Michaël Heizer. Cet « earthwork » est constituée de deux entailles creusant le plateau qui surplombe la Virgin River, à proximité de la petite ville rurale d’Overton. Nous mettrons deux heures avant de trouver la sculpture. Il fait plus de 40°. La route est à nouveau un chemin de terre et de pierre. Sur le mésa, nous garons la voiture et poursuivons à pied, persuadés que nous atteindrons l’œuvre rapidement ! Erreur. La piste se déroule devant nous. Chaque fois que nous arrivons à ce qui semblait en être la fin, un nouveau lacet, une nouvelle ligne droite s’étend devant nous. La chaleur est écrasante. Nous apercevons une construction en bois, une vieille moto posée contre l’une de ses parois. Personne. Le lieu ne semble pas occupé pour l’instant. Sur la route, des douilles de cartouches. Comme nous l’avons constaté sur les parois des Sun Tunnels, ces lieux isolés servent de « terrain de jeu ». Enfin, Double Negative s’étend devant nous. Nous descendons dans la sculpture. J’éprouve la même sensation que devant des vestiges anciens de l’époque mésopotamienne ou de l’Egypte ancienne. (BPé).






Quelques-uns des parcs nationaux les plus connus croisent notre chemin. Nous avons déjà traversé Bryce et Zion. En venant du Nord, la route empruntée pour les atteindre plonge dans une faille, remonte un impressionnant dénivelé, serpente à flanc de falaise… Nous sommes plongés dans ce paysage époustouflant presque sans savoir que nous sommes déjà dans le périmètre du parc. Devant nos yeux c’est une accumulation de strates colorées, découpées comme de la dentelle, d’espaces arides sans être stériles, désertiques mais vivants, en mouvement. A Bryce comme à Zion, une route longe le canyon – tout est fait pour la voiture ! - et conduit aux principaux points de vue. C’est très balisé. Même pour ceux qui veulent y passer la nuit et emprunter un chemin de randonnée. Les guides de voyage et les différents sites Internet parcourus annoncent des files d’attente et préviennent qu’il faudra faire preuve de patience. Ce n’est pas ce que nous constatons. A aucun moment nous n’avons eu l’impression d’être noyés dans la masse de visiteurs et de touristes. A certains endroits, nous étions seuls, tant à Bryce qu’à Zion. Et nous avons eu – comme souvent – beaucoup de chance : à Bryce comme à Zion, l’orage grondait, le vent s’est levé, la lumière était saisissante. Nous avons capturé l’éclair et l’arc-en-ciel.







Paysages variés jusqu’à Panguitch: montagnes boisées, descente vertigineuse vers Helper et son site d’exploitation du charbon, plaine bordée par une montagne plus sèche, arrivée majestueuse dans les canyons. En ce jour de fête nationale, les villes traversées sont un peu endormies. Toutes ces petites cités, aux bâtiments alignés le long de la rue principale, semblent si solitaires.