mercredi 20 août 2008

Land of Bounty


Un éditorialiste conservateur s'élevait contre l'idée répandue par les penseurs de la gauche new-yorkaise selon laquelle les Etats Unis seraient en déclin: "En dehors des States, règnent soit des pouvoirs autoritaires (La Russie, la Chine, ...) soit des régimes corrompus . De plus, si nous étions sur la pente, pourquoi tant d'étrangers souhaiteraient venir s'établir chez nous?".   Argumentation courte. Je l'ai reprise ici pour illustrer le débat. La question du déclin est, comme en France, posée. Mais il est une évidence, qui nous apparaît chaque jour plus claire:  les américains sont confrontés - et je crois plus brutalement que nous- aux limites de leur modèle -extensif- de développement; la prise de conscience semble douloureuse, autant l'idée d'abondance et l'optimisme technologique sont consubstantiels à l'identité américaine. Des situations particulières de crise relatées quotidiennement par la presse confirment notre perception d'une sorte de malaise ambiant: ce juge du Nouveau Mexique qui décide qu'il en est fini de reconnaître à chacun le droit, sans restriction,  de forer un puis d'eau à des fins domestiques, ce fermier qui s'interroge sur la façon dont il va pouvoir sauver son exploitation agricole face à la sécheresse, à la hausse vertigineuse des prix du diesel et des herbicides, à la chute des réserves d'eau dans la nappe phréatique; tous ces consommateurs qui se retrouvent littéralement sur le trottoir après la vente forcée de leur maison dépréciée... Un dollar dévalué par rapport à l'Euro -bien qu'atout en terme d'exportation- ajoute au sentiment de "perte de standing". Ils avaient l'habitude de visiter l'Europe en conquérant; aujourd'hui, ils se résignent à découvrir la belle Amérique, en assistant au déferlement d'européens prenant d'assaut leurs boutiques, leurs restaurants et leurs hôtels de luxe.  Humiliation pour ce peuple fier et matérialiste.

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